L’imprimé plastifié : le seul de vos imprimés qu’on écrit, efface et réécrit

Presque tous vos imprimés sont produits pour être lus. Un seul est produit pour être modifié : la pièce plastifiée qu’on écrit, qu’on efface et qu’on réécrit. Le menu du jour d’un restaurant, la liste de prix affichée au comptoir d’un atelier, l’horaire d’équipe posé au mur d’un entrepôt, la fiche de suivi qui circule sur un plancher de production.

À retenir

  • Avant de commander, déterminez le type de marqueur utilisé, car c’est lui qui décide de la finition à demander.
  • Pour une écriture quotidienne, demandez un film effaçable à vernis dur plutôt qu’un pelliculage standard qui se raye.
  • Laissez vide toute information qui peut changer et n’imprimez ni trame ni logo pâle sous la zone d’écriture.

Ces pièces sont commandées comme des imprimés ordinaires, avec la même maquette et le même réflexe de remplir la surface. Puis quelqu’un sort un marqueur, et on découvre qu’il n’y a nulle part où écrire, que l’encre bave sur la trame imprimée en dessous, et qu’après 3 semaines la pièce garde une ombre grise de tout ce qui y a été écrit.

Ce ne sont pas des accidents. Ce sont 3 conséquences prévisibles d’une décision prise au moment du dessin. Le pelliculage comme simple effet de finition (mat, brillant, soyeux) et le formulaire rempli une seule fois au stylo restent hors sujet ici ; voyez nos articles sur les finitions de carte d’affaires et le grammage et le type de papier pour ces cas précis. Ce qui suit traite uniquement la pièce réécrite indéfiniment, et c’est cette répétition qui commande tout le reste.

Une pièce plastifiée n’est pas protégée, elle est réutilisable

La demande arrive presque toujours sous la même forme : « on voudrait la plastifier pour qu’elle dure ». C’est une bonne intention, et c’est un mauvais cahier des charges, parce qu’il décrit une protection alors que l’usage réel est une réutilisation.

La différence est visible dans les produits eux-mêmes. Le fabricant Drytac décrit son film de pelliculage à effacement à sec comme un film destiné à transformer une impression en surface effaçable, avec une finition brillante transparente et un vernis dur qui résiste aux rayures et aux produits chimiques. Il annonce que ce vernis protège contre le marquage fantôme et la coloration laissés par l’encre, et il assortit le produit d’une garantie portant précisément sur la conservation de la capacité d’effacement.

Autrement dit, il existe des films faits pour l’écriture répétée, et ils ne sont pas le film de pelliculage standard. Si vous commandez une plastification ordinaire pour une pièce que votre équipe va écrire chaque matin, vous obtenez une pièce protégée de l’eau et du gras, et une surface qui va se marquer.

La première question à poser à votre imprimeur n’est donc pas l’épaisseur du film. C’est : cette pièce sera-t-elle écrite, et à quelle fréquence?

Comment le marqueur choisit la surface à demander?

Le type de marqueur utilisé détermine la finition à demander. Un marqueur sec s’efface vite, même seul ; un marqueur à l’eau tient mieux mais ne part qu’au linge humide. Le choix doit précéder la commande.

Le deuxième piège vient du marqueur, et il est presque toujours ignoré au moment du devis.

Il existe 2 familles distinctes. Le marqueur à effacement à sec est à base d’alcool et s’enlève avec une brosse ou un chiffon sec. Le marqueur effaçable à l’eau, souvent appelé marqueur humide, est fait d’eau, de résine et de dioxyde de titane, et il laisse une marque semi permanente qui résiste au frottement sec. Cette marque s’enlève avec un linge humide, et pas autrement.

Cette distinction a une conséquence directe sur votre pièce. Un marqueur humide tient mieux, ne s’efface pas quand on frôle la surface, et c’est exactement pour cette raison qu’il est utilisé sur les supports de restaurant et les calendriers de bureau. Un marqueur sec s’efface plus vite, mais il s’efface aussi tout seul quand une manche passe dessus.

Le choix appartient à celui qui utilisera la pièce, pas au graphiste. Mais il doit être fait avant la commande, parce qu’il détermine la finition de surface à demander et la façon dont la pièce sera nettoyée. Une pièce prévue pour le marqueur humide sera essuyée avec un linge mouillé plusieurs fois par jour, ce qui n’est pas un détail quand on décidera où placer les bords collés.

Ce qui se dégrade, dans l’ordre

Une pièce plastifiée réutilisable ne meurt pas d’un coup. Elle se dégrade selon une séquence assez régulière, et chacun de ces 3 moments se prépare au dessin.

Le marquage fantôme arrive en premier. La surface se raye peu à peu sous l’effet du chiffon et des papiers essuie-tout, et ces micro rayures retiennent l’encre. La pièce garde alors une ombre pâle de tout ce qui y a été écrit. C’est précisément ce contre quoi les films spécialisés annoncent une protection, et c’est ce qui arrive quand on utilise un film ordinaire.

Les bords lâchent ensuite. Une pièce essuyée régulièrement voit l’eau et le nettoyant s’attaquer à la jonction entre le film et le papier. Si le film s’arrête exactement au format fini, il n’y a rien pour sceller. La parade est connue et elle se décide à la commande : demander une marge de film au delà du format, de façon à ce que les deux faces se soudent entre elles autour du papier plutôt que de s’arrêter dessus.

L’information imprimée devient fausse en dernier. C’est le point le plus coûteux, et le plus évitable. Une pièce solide, encore parfaitement propre, mais dont le numéro de téléphone ou l’heure de fermeture imprimée n’est plus la bonne, devient une pièce à jeter. Elle a survécu à son contenu.

Que faut-il imprimer, et que faut-il laisser à écrire?

Tout ce qui peut changer avant l’usure du support doit rester dans une zone d’écriture vide, jamais imprimé. Le reste, logo et structure, va dans une zone fixe imprimée.

De ces trois usures découle la seule règle de conception qui compte vraiment pour ce type de pièce : tout ce qui est susceptible de changer avant l’usure du support ne doit pas être imprimé.

Concrètement, cela veut dire séparer la pièce en 2 zones nettes. Une zone fixe, imprimée, qui porte ce qui ne bougera pas : votre logo, la structure, les intitulés de colonnes, les mentions permanentes. Et une zone d’écriture, réellement vide, dimensionnée pour une écriture à la main plutôt que pour un texte composé.

Cette zone vide est presque toujours sous dimensionnée. Une main qui écrit au marqueur produit des caractères beaucoup plus gros qu’un texte imprimé, et elle écrit rarement droit. Une ligne prévue pour 12 caractères composés en accueillera 6 ou 7 à la main. Le réflexe utile est de doubler l’espace que vous croyez nécessaire, puis de tester avec le marqueur réel, pas avec un stylo.

Deuxième point, et c’est celui qu’on oublie le plus : la zone d’écriture doit être vraiment vide. Une trame de fond claire, un filigrane de logo, une couleur pastel, tout cela paraît discret sur la maquette et rend l’écriture au marqueur illisible sur la pièce. Le marqueur n’est pas opaque de la même façon que l’encre d’impression, et il n’a pas la finesse d’un stylo. Il lui faut du blanc.

Cela suppose aussi d’accepter que la pièce ait l’air vide à la livraison. C’est le cas normal, et c’est le signe qu’elle a été conçue pour son usage plutôt que pour la maquette d’approbation. Un contrôle utile consiste à faire remplir une épreuve à la main par la personne qui s’en servira, avant de lancer le tirage, au même moment où l’on vérifie le reste du dossier comme le décrit notre article sur le fichier prêt pour l’impression.

Les 3 questions à régler avant de commander

Une pièce plastifiée réutilisable se commande correctement quand 3 réponses sont connues.

Qui va écrire dessus, et avec quel type de marqueur, sec ou humide. Combien de fois par semaine la pièce sera effacée, ce qui détermine s’il faut un film ordinaire ou un film prévu pour l’écriture répétée. Et quelles informations risquent de changer avant que le support ne s’use, celles là devant obligatoirement passer dans la zone d’écriture plutôt que dans la zone imprimée.

Ces 3 réponses tiennent en 2 minutes de conversation, et elles évitent la situation la plus fréquente : une pièce très bien imprimée, très bien plastifiée, que l’on remplace au bout de quelques mois parce qu’un seul chiffre imprimé dessus a changé. Posez ces 3 questions à votre imprimeur avant de signer le bon de commande.

Comment choisir un imprimé plastifié vraiment réutilisable?

Il faut régler 3 choses avant la commande : le film de pelliculage adapté à l’écriture répétée, le type de marqueur utilisé, et les informations qui doivent rester modifiables. Les réponses ci-dessous détaillent chaque point.

Une plastification ordinaire suffit-elle si on écrit dessus tous les jours?

Rarement. Un film de pelliculage standard est conçu pour protéger, pas pour être écrit et essuyé de façon répétée. Sa surface se raye sous le chiffon, et ces rayures retiennent l’encre, ce qui produit l’ombre grise appelée marquage fantôme. Il existe des films spécifiquement destinés à l’écriture effaçable, avec un vernis dur, et c’est ce qu’il faut demander quand l’usage est quotidien.

Faut-il choisir un marqueur sec ou un marqueur effaçable à l’eau?

Cela dépend de l’endroit. Le marqueur à effacement à sec, à base d’alcool, part au chiffon sec, donc il part aussi tout seul si une manche frotte la pièce. Le marqueur effaçable à l’eau, fait d’eau, de résine et de dioxyde de titane, laisse une marque semi permanente qui ne s’enlève qu’au linge humide. Sur un comptoir ou un mur passant, le second est plus sûr.

Peut-on mettre une trame ou un logo pâle sous la zone d’écriture?

Non, et c’est l’erreur la plus fréquente. Le marqueur ne couvre pas comme l’encre d’impression, et son trait est large. Sur une trame, même très claire, l’écriture devient difficile à lire à distance. La zone d’écriture doit rester blanche et sans motif, quitte à ce que la maquette paraisse vide.

Pourquoi les bords de nos pièces plastifiées se décollent?

Parce que le film s’arrête au format fini, sans marge. Quand les deux faces ne se soudent pas entre elles autour du papier, l’eau et le nettoyant entrent par la tranche à chaque essuyage. La correction se demande à la commande : prévoir une marge de film au delà du format de coupe.

Comment éviter de devoir refaire la pièce chaque fois qu’une information change?

En décidant à l’avance ce qui est imprimé et ce qui est écrit. Tout ce qui peut changer avant l’usure du support, soit un prix, une heure, un nom ou un numéro, doit se retrouver dans la zone d’écriture. La partie imprimée ne garde que ce qui est stable : le logo, la structure et les intitulés.

Faites concevoir vos pièces réutilisables avec le reste de vos imprimés

Une pièce plastifiée réutilisable doit porter la même identité que votre enseigne, votre menu et vos cartes. Agence V règle les 3 questions ci-dessus avant le tirage, pas après. Contactez Agence V et décrivez où la pièce sera posée et qui écrira dessus.