Le sac imprimé : le seul de vos imprimés que le client transporte lui-même

Tous vos imprimés attendent quelque chose du lecteur. La brochure attend qu’on l’ouvre, la carte d’affaires qu’on la range, l’affiche qu’on lève les yeux. Ils travaillent tous à convaincre une personne à la fois, dans un endroit que vous avez choisi.

Le sac de votre commerce fait exactement l’inverse. Personne ne le lit. Il est pris sans y penser au moment de payer, il sort de votre magasin dans la main d’un client, et il traverse ensuite une rue, un stationnement, un autobus et une cuisine. Pendant tout ce trajet, il est vu par des dizaines de personnes qui ne sont jamais entrées chez vous et qui ne le regardent pas non plus.

C’est le seul support de votre entreprise dont le porteur est votre client, dont la durée d’affichage se compte en heures et dont le lecteur ne fait aucun effort. Et c’est presque toujours celui qu’on commande en dernier, en envoyant simplement son logo à un fournisseur.

Ce que ce guide ne traite pas

Deux terrains voisins sont volontairement laissés de côté, et il vaut mieux le dire tout de suite.

L’emballage alimentaire n’est pas le sujet. Le sac de papier d’un restaurant, la boîte à emporter, le gobelet et le ruban de scellage obéissent à d’autres contraintes, et ils sont traités séparément dans notre contenu consacré à l’image d’un restaurant. Ici, il s’agit du sac d’un commerce de détail, remis à quelqu’un qui vient d’acheter un objet et qui va le rapporter chez lui.

La distribution en boîtes aux lettres et les circuits publicitaires ne sont pas le sujet non plus. Un sac ne se distribue pas, il se donne, une fois, à quelqu’un qui a déjà acheté.

Le sac n’est presque jamais vu à plat

Voici le point de départ, et il change tout le reste.

Votre fournisseur vous enverra une épreuve à plat, en vue de face, parfaitement rectangulaire. Vous l’approuverez sur cette image. Et cette image ne correspond à aucun moment réel de la vie du sac.

Un sac de détail a des soufflets latéraux. Quand il est vide, ils sont rentrés et ils mangent quelques centimètres de chaque côté de la face avant. Quand il est plein, ils s’ouvrent et forment deux panneaux verticaux qui deviennent, dans la rue, les surfaces les plus visibles de l’objet. Un sac porté au bout du bras se présente aux passants de profil, pas de face.

La conséquence pratique est simple à énoncer et rarement appliquée. Un logo centré sur la face avant, à pleine largeur, perd ses extrémités dans le pli des soufflets dès que le sac est vide. Et il est parfaitement invisible pour la moitié des gens qui croisent votre client, parce que ceux-là ne voient que le côté.

Deux corrections règlent la question. Réduisez la largeur de la zone imprimée sur la face avant pour qu’elle tienne dans la partie qui reste plate en toutes circonstances. Et prévoyez quelque chose sur le soufflet, ne serait-ce qu’un mot ou une bande de couleur, parce que ce panneau étroit est votre vraie surface d’affichage publique.

La bande du haut ne vous appartient pas

Le deuxième réflexe naturel est de placer le nom en haut, bien centré, comme sur une enseigne. C’est la zone la plus contrariée du sac.

Le haut d’un sac reçoit le rabat de renfort, les perforations ou les attaches de la poignée, et c’est aussi la partie qui se déforme le plus quand le sac est porté, parce que tout le poids passe par là. Selon le mode de fabrication, quelques centimètres du haut sont soit recouverts, soit percés, soit systématiquement froissés.

Il y a plus embêtant. Quand une personne tient le sac, sa main et son avant-bras masquent une partie de cette bande, et le sac pivote légèrement à chaque pas. Le haut du sac est donc à la fois la zone la plus abîmée et la plus souvent cachée.

La zone utile réelle se situe dans le tiers central de la hauteur, légèrement au-dessus du milieu. C’est là que le regard d’un passant se pose, et c’est la seule partie qui reste plane et dégagée quand le sac est chargé.

Ce que le pli fait à votre encre

Un sac est un objet qu’on plie, qu’on froisse, qu’on écrase dans un coffre et qu’on déplie ensuite. Aucun autre de vos imprimés ne subit ce traitement.

Sur un papier kraft ou un papier non couché, une grande surface d’encre pleine se fend le long des lignes de pliage. Le résultat est une ligne blanche qui traverse votre aplat de couleur, souvent en plein milieu de votre logo, et elle apparaît dès les premiers jours. Plus la couche d’encre est épaisse et plus la surface couverte est grande, plus le défaut est visible.

C’est la raison pour laquelle les sacs les plus solides visuellement sont rarement ceux qui couvrent le plus de surface. Un dessin qui fonctionne en une ou deux couleurs, posé sur la teinte naturelle du papier, vieillit beaucoup mieux qu’un fond de couleur pleine page. Si votre identité ne tient pas sans son aplat de fond, c’est ici que le problème se voit, et c’est un problème de logo avant d’être un problème d’impression.

Le kraft brun ajoute sa propre difficulté : il décale toutes les couleurs vers le chaud et il éteint les teintes claires. Un bleu pâle imprimé sur kraft devient gris. Cette question du comportement des couleurs à l’impression mérite d’être réglée avant la commande, pas après réception de la palette.

Le sac est réutilisé, et c’est là qu’il travaille vraiment

La plupart des commerçants raisonnent sur le trajet du magasin à la maison. C’est la plus petite partie de la vie du sac.

Un sac de détail solide est conservé. Il devient un sac de lunch, un sac de piscine, un sac à chaussures, un rangement de sous-sol. Il est vu pendant des mois, et parfois des années, par la famille du client, ses collègues et ses voisins, dont la plupart ne connaissent pas votre commerce.

Cela change une décision de conception que presque personne ne prend consciemment. Un sac qui ne porte que votre logo suppose que la personne qui le voit sait déjà qui vous êtes. Or ce n’est pas le cas de son public réel. Une ligne courte disant ce que vous vendez, et une mention de votre ville ou de votre quartier, transforment un objet décoratif en indication utile. Ce sont trois mots de plus et ils font toute la différence entre un sac joli et un sac qui rapporte.

Une adresse web complète, en revanche, n’apporte presque rien à cette échelle : personne ne recopie une adresse depuis un sac aperçu dans un autobus. Le nom du commerce et la ville suffisent à retrouver le reste.

Le matériau a changé, et le brief avec lui

Il y a une raison très concrète pour laquelle ce sujet mérite d’être repris aujourd’hui par les commerces de détail : le sac d’emplettes n’est plus le même objet.

Le règlement fédéral sur les plastiques à usage unique interdit la fabrication, l’importation et la vente des sacs d’emplettes en plastique à usage unique. Le texte définit ce type de sac comme un article manufacturé en plastique, en tout ou en partie, ayant la forme d’un sac et conçu pour transporter des articles achetés. Il prévoit aussi que certains sacs en textile de plastique échappent à l’interdiction lorsqu’ils satisfont à une épreuve de résistance, soit le transport répété d’une charge sur une distance donnée, soit un cycle de lavage domestique normalisé.

Nous ne donnons ici ni chiffre de seuil, ni date, ni interprétation de votre situation particulière, et nous vous invitons à valider vos obligations auprès d’un conseiller compétent avant de commander.

Ce qui nous intéresse est la conséquence graphique, et elle est directe. Le sac moyen d’un commerce de détail est passé d’un film plastique lisse, souple et clair, à du papier ou à un textile épais. Le papier ne tolère pas les mêmes aplats. Le textile ne restitue pas les mêmes détails fins et il impose souvent une impression en peu de couleurs. Un fichier conçu pour l’ancien matériau ne se transpose pas, il se reprend.

Ce qu’il faut décider avant de commander

Cinq décisions se prennent avant de parler au fournisseur, et elles évitent la quasi-totalité des mauvaises surprises.

La zone imprimée sur la face avant, mesurée en tenant compte des soufflets rentrés plutôt que sur l’épreuve à plat.

Ce qui va sur le soufflet, sachant qu’il est étroit, vertical, et qu’il constitue la vue la plus fréquente dans la rue.

Le nombre de couleurs, en gardant à l’esprit qu’un aplat étendu se fendra aux plis et que la teinte du papier participe au dessin.

Le contenu textuel, c’est-à-dire le nom, une courte mention de ce que vous vendez et la ville, plutôt que le logo seul.

La version du logo à fournir, en particulier une version qui fonctionne sans fond de couleur et à faible nombre d’encres.

Aide-mémoire

  • Le sac est le seul de vos imprimés transporté par votre client, devant un public qui n’a jamais mis les pieds chez vous.
  • L’épreuve à plat du fournisseur ne correspond à aucun moment réel : le sac est vu de profil, soufflets ouverts ou rentrés.
  • Le soufflet latéral est la surface la plus vue dans la rue et il est presque toujours laissé vide.
  • La bande du haut est perforée, renforcée, froissée et masquée par la main : elle ne convient pas au nom.
  • La zone utile se situe dans le tiers central de la hauteur, un peu au-dessus du milieu.
  • Les grands aplats d’encre se fendent le long des plis, surtout sur papier non couché.
  • Le sac est réutilisé pendant des mois : ajoutez ce que vous vendez et votre ville, pas seulement le logo.
  • Le passage du plastique au papier et au textile change les contraintes d’impression, donc le fichier doit être repris.

Foire aux questions

Faut-il vraiment un sac imprimé pour un petit commerce ?

Cela dépend de ce que le client emporte. Si vos produits sortent du magasin dans un contenant qui leur est propre, le sac compte peu. S’ils sortent tous dans le même sac, c’est votre support publicitaire le moins cher au nombre de vues, et le seul que votre clientèle accepte de porter.

Une seule couleur, est-ce suffisant ?

Souvent oui, et c’est même préférable sur papier non couché. Une impression en une couleur sur la teinte naturelle du papier vieillit mieux, se fend moins aux plis et coûte moins cher. Encore faut-il disposer d’une version de votre logo qui fonctionne réellement en une seule encre.

Quelle taille de sac faut-il commander ?

Partez de votre produit le plus vendu et non de votre produit le plus gros. Un sac trop grand voyage à moitié vide, donc froissé et déformé, et c’est cet état qui sera vu. Deux formats bien choisis valent mieux qu’un format unique surdimensionné.

Peut-on utiliser le même fichier que pour nos sacs précédents en plastique ?

Rarement tel quel. Le changement de matériau modifie le rendu des couleurs, la finesse des détails reproductibles et la tenue des aplats. Il faut au minimum une reprise du fichier, et souvent une simplification du dessin.

Le sac doit-il reprendre exactement les couleurs de notre enseigne ?

Il doit reprendre votre identité, ce qui n’est pas la même chose. Une enseigne est rétroéclairée ou peinte sur un support opaque, un sac est imprimé sur un papier teinté qui participe à la couleur finale. Viser une correspondance parfaite mène souvent à un résultat terne. Mieux vaut choisir une déclinaison assumée.

Combien de temps un sac reste-t-il en circulation ?

Beaucoup plus longtemps qu’on ne l’imagine pour un sac solide, parce qu’il est réutilisé. C’est un argument pour éviter d’y imprimer une promotion, une date ou un slogan de campagne, et pour s’en tenir à ce qui restera vrai dans deux ans.